• Les Collecteurs Maudits - Chapitre 9

     

    Chapitre 9

     

     

    Dès le surlendemain toute ma cellule New-yorkaise, ainsi que la cellule de Mexico, ralliée à la cause, commencèrent leurs patrouilles le long de la frontière pour repérer le Vampire amateur d'apnée.

     

    Compte tenu de la dangerosité de notre cible, il fut décidé que nous patrouillerions par groupe de deux Collecteurs, avec deux Sorciers.

    Je me suis donc retrouvé avec Frida, Joan et, je vous le donne en mille, Mark, sur les routes entourant El Paso, auxquelles nous étions assignés.

    L'ambiance à l'intérieur du véhicule, glaciale mais pas à cause de la clim, contrastait avec la température extérieure.

    Après deux semaines de recherche, en l’absence de résultat, nous avons divisé les équipages pour couvrir plus de terrain.

    J'avais rêvé d'un autre voyage de noces, pour Joan et moi, mais au moins nous étions débarrassés de Frida et de Mark, tout en imaginant avec un peu de culpabilité qu'ils finiraient par s'entretuer.

     

    Il y avait désormais neuf autres équipages comme le notre qui patrouillaient la frontière. Il nous a fallu deux mois pour le débusquer.

     

    Par une chaude fin de journée, alors que nous roulions en direction d'El Paso, nous l'avons trouvé.

    Je l'ai repéré alors que nous arrivions à proximité d'une station essence, près de Deming. Le Vampire était en train de faire le plein. C'était un homme d'une trentaine d'années, de corpulence moyenne, aux cheveux très noirs et au teint mat. Le descriptif de notre cible était succinct : un indien, Apache ou Navajo, relativement jeune. Celui que je voyais en train de remplir son réservoir pouvait correspondre à la description, comme des milliers d'autres habitants de la région. Mais c'était lui : au dessus de sa tête, une marque maudite énorme tourbillonnait, comme une mini tornade démoniaque. Elle faisait au minimum trois mètres de haut.

    J'ai été paralysé par cette vision, je n'ai pas pu prévenir Joan, qui conduisait, que nous passions devant lui. Alors que nous arrivions à sa hauteur, il s'est brusquement tourné vers moi, m'a fixé du regard, et m'a souri.

    Je n'ai jamais eu aussi peur de ma vie.

     

    Quelques centaines de mètres plus loin, alors que nous avions dépassé la station, j'ai réussi à informer Joan que nous venions de le croiser, en retrouvant enfin la parole :

    • Arrête toi, il est là, à la station que nous venons de passer !

    Nous étions alors en 1975 : pas de téléphones portables, pas de caméra go-pro fixées sur les pares-brise pour filmer les accidents de voiture.

    • Tu as noté la plaque de sa voiture ? Me demanda Joan. 

    • Non. J'ai eu trop peur pour y penser, on a dû passer à moins de dix mètres de lui. Sa marque est monstrueuse, et il m'a repéré ! 

    • Qu'est ce qu'on fait ?

    • On y retourne, mais on reste à bonne distance, il ne faut pas qu'il me repère à nouveau

    Le temps de faire demi-tour et de revenir à la station, le Vampire avait disparu. Comme volatilisé. J'étais certain que nous ne l'avions pas croisé, il était donc reparti dans l'autre sens.

    Il nous fallu cinq minutes pour rattraper sa Jeep. Joan resta trois cent mètres derrière lui, il n'était pas bien difficile pour moi de le repérer avec son immonde trace maudite qui surplombait son véhicule, gorgée de centaines d'âmes plus ou moins innocentes. Je me fis le plus petit possible sur mon siège pour que ma marque personnelle (minuscule en comparaison de la sienne) ne dépasse pas du toit de notre voiture.

    Quelques dizaines de miles plus loin, il quitta l'interstate pour rejoindre la banlieue d'El Paso. Nous le suivîmes à distance, et il finit par s'arrêter devant une de ces petites maisons typiques du coin.

    Dès que nous eûmes récupéré la plaque d'immatriculation de la Jeep avec la paire de jumelles que nous avions dans la voiture, nous sommes repartis discrètement pour prévenir tous les autres.

    Le rendez vous téléphonique journalier avait lieu sur le coup de 20h. Nous réussîmes à joindre toutes les équipes.

    Vingt quatre heures plus tard, tout le monde était à El Paso.

    C'est à ce moment là que la chasse à débuté. Mais nous n'étions pas les chasseurs.

    Nous étions les proies. 

     

    (à suivre)

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